Discours de S.E.M. ZHAI Jun, Ambassadeur de Chine en France, à l'occasion du IXème Forum des Entrepreneurs sino-européens

(Paris, le 4 juin 2018)

M. le Premier Ministre Jean-Pierre RAFFARIN,

M. le Président LONG Yongtu,

M. le Président TERRENZI,

Mesdames et messieurs, Chers amis,

Bonjour !

C’est un grand plaisir que d’être parmi vous pour inaugurer le IXème Forum des Entrepreneurs sino-européens. Pour le 10ème anniversaire de sa création, les représentants des entreprises européennes et chinoises sont réunis pour réfléchir ensemble à la grande question de fond suivante: à l’heure où le socialisme aux caractéristiques chinoises entre dans une nouvelle ère, comment intensifier l’interconnexion des flux commerciaux entre l’Europe et la Chine, et comment créer un grand marché euro-asiatique ?

Ce forum va aborder un certain nombre de sujets d’actualité d’intérêt commun, comme la coopération dans le cadre des Nouvelles routes de la soie (NRS), l’innovation et la transition industrielle, les coopérations financières innovantes et les coopérations tripartites sino-euro-africaines.

Ainsi, au nom de l’Ambassade de Chine en France, permettez-moi de vous adresser toutes mes félicitations pour la tenue de cet événement.

Nous fêtons cette année le 40ème anniversaire de la politique de Réforme et d’Ouverture. Depuis 40 ans nous avons ouvert la voie du socialisme aux caractéristiques chinoises, réalisé un bond économique et social qui a modifié radicalement la physionomie du pays et le niveau de vie de sa population. La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale, le premier pays industriel, le premier pays pour le commerce de marchandises. Depuis plusieurs années consécutives, la contribution chinoise à la croissance mondiale excède 30%. Mais en même temps, dans de nombreux domaines économiques ou sociaux, la Chine, comparée à l’étranger, n’est pas en avance. Je citerai pour exemple les disparités de développement existant entre les villes et les campagnes, comme entre les différentes régions du pays. La Chine demeure un pays en voie de développement et restera encore longtemps au stade initial du socialisme.

C’est justement pour traiter de ces évolutions que le XIXème Congrès du PC, qui s’est tenu en octobre dernier, a consacré la pensée XI Jinping pour la nouvelle ère du socialisme aux caractéristiques chinoises. Il a établi une évaluation rigoureuse concernant les principales sources de tension dans la société chinoise que sont désormais le conflit entre les aspirations croissantes de la population à une vie meilleure et les problèmes générés par les disparités et l’insuffisance de développement. Sur cette base, une feuille de route en trois étapes jusqu’au milieu du XXIème siècle a été édictée pour la construction d’une nation puissante, démocratique, harmonieuse, belle, moderne et puissante.

La Chine est entrée dans une nouvelle ère, privilégiant désormais un développement économique qualitatif, plus équilibré, plus juste et plus durable.

Tout d’abord, en s’appuyant sur l’innovation et la modernisation des filières. Ensuite, en développant un nouveau modèle d’urbanisation et de modernisation du monde rural destiné à réduire les écarts de développement entre les villes et les campagnes ainsi qu’entre l’est et l’ouest du territoire. En troisième lieu, en mettant un fort accent sur le développement bas-carbone pour reconquérir le bleu de nos cieux. Quatrièmement, en accélérant les aides ciblées pour la lutte contre la pauvreté et l’harmonisation de la qualité des services publics, le renforcement de la justice sociale afin que la collectivité bénéficie plus largement des fruits de la croissance.

La Chine est entrée dans une nouvelle ère, plus attentive à mieux partager avec le reste du monde les chances qu’apporte son développement. Depuis 40 ans, le développement a bénéficié de l’ouverture du pays. Si la Chine veut à l’avenir réaliser une croissance qualitative, elle ne pourra y parvenir que grâce à une ouverture accrue. Lors du forum de Bo’ao qui s’est tenu en avril dernier, le Président XI Jinping a annoncé que la Chine allait largement assouplir les conditions d’accès à son marché, améliorer l’environnement des affaires, renforcer l’alignement du pays sur les règlements internationaux, renforcer la protection de la propriété industrielle et prendre une série de mesures pour augmenter les volumes de produits importés.

A peine deux mois après cette annonce, les mesures concrètes voyaient le jour, y compris certaines très précises portant sur l’ouverture du secteur financier et accompagnées d’un calendrier précis. Certaines concernent le spectre des activités des sociétés étrangères de courtage en assurances, ou autorisent l’existence de sociétés de titres à capitaux majoritairement étrangers, d’autres concernent la suppression totale de droits de douanes pour l’importation de 28 produits pharmaceutiques ou encore la baisse massive des droits de douane pour les automobiles et les produits de consommation courante.

En matière d’ouverture, la Chine a mis le booster. A l’avenir, cette ouverture ne fera que s’accroitre. La porte sera de plus en plus largement ouverte et le rythme de plus en plus rapide.

La Chine est entrée dans une nouvelle ère où sont tracées des perspectives encore plus vastes pour une coopération pragmatique sino-européenne.

L’Europe est le 1er partenaire commercial de la Chine et le premier pourvoyeur de technologies.

La Chine et l’Europe sont partenaires sur de nombreux grands projets. Dans des domaines tels que le nucléaire, l’aéronautique, l’intelligence artificielle et les réseaux de données, ils peuvent conjuguer leurs atouts et tirer des bénéfices mutuels du processus de modernisation de l’industrie chinoise. En matière de planification urbaine, de santé, d’enseignement, de silvereconomy et d’autres secteurs prioritaires pour la Chine, l’Europe jouit d’une riche expérience et d’importants atouts, pouvant ainsi tirer profit du nouveau vent d’ouverture qui souffle sur le pays afin de forger de nouvelles réalisations.

La Chine est engagée dans la construction de la nouvelle zone de Xiong’An et du port franc de Hainan qui ont tous deux vocation à devenir les têtes de pont et les zones pilotes de la nouvelle vague d’ouverture et de modernisation. J’invite donc les entreprises européennes à suivre de près ces évolutions et à s’y engager.

Mesdames, messieurs, chers amis,

Le multilatéralisme et le libre-échange ont offert au monde une longue période de paix et une prospérité inégalée. Cependant, l’unilatéralisme, l’égoïsme et le protectionnisme représentent des menaces majeures que nous devons prendre au sérieux.

A l’orée de sa nouvelle ère, le Chine continuera de se conduire comme une puissance responsable et d’apporter au monde davantage de biens publics, notamment en s’efforçant de mieux bâtir les Nouvelles routes de la soie.

L’initiative de Nouvelles routes de la soie(NRS) est née il y a maintenant 5 ans. Les échanges entre la Chine et les pays impliqués ont dépassé les 4.000 milliards de USD, avec un montant total des investissements supérieur à 60 milliards de USD. La Chine a établi 43 liaisons aériennes directes avec les pays concernés, plus de 7 500 convois ferroviaires ont circulé entre la Chine et l’Europe, plus de 75 zones de coopération économique ont été créées à l’étranger, et plus de 200 000 emplois ont été créés dans les régions impliquées.

Les faits prouvent que les NRS sont en phase avec les besoins de la mondialisation et apportent des bienfaits tangibles aux populations des pays qu’elles traversent

Lors de la visite officielle du Président Macron en Chine au début de cette année, nos deux dirigeants ont évoqué des projets précis de coopération dans le cadre des NRS. Des pays européens comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne ont également exprimé leur vif intérêt concernant cette initiative.

La Chine est prête, dans le cadre d’un dialogue d’égal à égal, à étudier les complémentarités entre la Chine et l’Europe, à travailler avec une approche tripartite ou multipartite dans les pays sur le trajet des NRS, à développer des perspectives encore plus vastes pour sa coopération avec l’Europe et à contribuer davantage au développement des pays concernés ainsi qu’à la prospérité globale du continent eurasiatique. Nous souhaitons développer des projets NRS marquées du sceau de l’excellence en nous efforçant de faire de ces routes les voies de la paix, du développement, de l’ouverture et de l’écologie.

Mesdames, messieurs, chers amis,

Le Président XI Jinping a dit : « Les occasions n’attendent ni les indécis, ni les attentistes, ni les tièdes, ni les faibles. L’avenir n’appartient qu’à ceux qui accompagnent l’Histoire et lient leur destin à leur époque. »

Si chacun sait se montrer ouvert, innovant, tolérant, sait se placer dans une logique de dialogue, de co-construction et de partage, alors, je suis convaincu que la relation euro-chinoise est promise à un avenir splendide.

Pour finir, je voudrais vous adresser tous mes vœux de succès pour cette nouvelle édition du Forum des entrepreneurs sino-européens.

Merci !

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