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Conférence de presse du 17 janvier tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
(2019-01-17)

À l'invitation du Président élu de la République de Madagascar, Andry Rajoelina, l'envoyé spécial du Président Xi Jinping et Vice-Président du Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois (CCPPC), He Wei, assistera à la cérémonie d'investiture du Président élu, Andry Rajoelina, le 19 janvier à Antananarivo, la capitale malgache.

Q : Selon des reportages, le Vice-Président américain Mike Pence a formulé plusieurs accusations sans fondement contre la Chine lors de la conférence des chefs de missions diplomatiques, affirmant que les États-Unis ne pourraient plus fermer les yeux devant le comportement chinois méprisant les lois et les règles. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : J'ai lu des reportages en la matière. Je me demande s'il existe un terme pour désigner les actes étatiques de diffamation. Depuis quelque temps déjà, les États-Unis ont lancé toutes sortes d'accusations, de diffamations et de calomnies injustifiées contre la Chine sur les questions de l'endettement, du commerce, de la Mer de Chine méridionale, des règles internationales et de la liberté religieuse. Mais les faits y ont opposé la plus forte réfutation. De nombreuses personnalités clairvoyantes aux États-Unis ont même critiqué la manière d'agir de leur pays.

Ce matin, j'ai lu un article publié par Bloomberg et rédigé par Stephen S. Roach, chercheur principal à l'Université de Yale et ancien président de Morgan Stanley Asia. Il fait remarquer que les accusations américaines contre la Chine reposent sur des assertions et des preuves peu fiables et qui ne sont pas solidement fondées. Ce serait un sage choix pour l'administration américaine actuelle de cesser d'agir sur de simples soupçons. En ce qui concerne les règles internationales, nous voyons tous clairement que les États-Unis ont appliqué de manière tellement flagrante le principe des « deux poids deux mesures » en matière de règles internationales : ils ont choisi de respecter ce qui leur convient et d'éliminer ce qui ne leur convient pas. À cet égard, les États-Unis sont les moins qualifiés pour se poser en donneur de leçons devant la Chine et l'accuser sans aucune raison valable.

Cette année marque le 40e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les États-Unis. Récemment, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a accordé une interview exclusive au Quotidien du peuple. Ses points de vue sont à bien étudier par la partie américaine. Wang Yi a confirmé : « La Chine et les États-Unis partagent bien plus d'intérêts communs que de différends. Il ne faut pas laisser les contradictions et les différends définir les relations sino-américaines actuelles, et encore moins laisser les préjugés et les jugements erronés orienter les futures relations sino-américaines. Seuls la vision à long terme, l'esprit d'ouverture et de tolérance permettent de créer un espace plus vaste pour le développement des relations bilatérales. » Le Conseiller d'État Wang Yi a souligné l'importance de faire le bon choix en matière de confiance stratégique mutuelle. La Chine s'est engagée dans la voie du développement pacifique. La Chine ne deviendra pas les États-Unis et la Chine a d'autant moins l'intention de remplacer les États-Unis. La concurrence entre les deux parties doit être positive et conforme aux règles. Les deux parties doivent s'engager à ouvrir la porte au lieu de dresser des barrières, à se forger un nouveau concept d'avantages mutuels et de résultats gagnant-gagnant, et à abandonner la mentalité désuète du jeu à somme nulle. Aucune attaque malveillante ne sera autorisée à ternir les liens sino-américains et à empoisonner le fondement social des relations bilatérales.

Nous espérons que les officiels américains concernés pourront voir le développement de la Chine de manière correcte et rationnelle, cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et de nuire aux intérêts de la Chine, agir davantage pour promouvoir la confiance mutuelle et la coopération entre les deux pays, et travailler avec la Chine pour maintenir un développement solide et régulier des relations sino-américaines.

Q : Certains membres du Congrès américain ont proposé un projet de loi dans l'espoir de bloquer l'exportation par les États-Unis de pièces détachées à Huawei, ZTE et d'autres sociétés de télécommunications chinoises qui ont violé le projet de loi américain sur les sanctions et celui sur le contrôle des exportations. Comment la Chine y réagit-elle ?

R : J'ai lu les reportages relatifs au soi-disant projet de loi proposé par quelques sénateurs américains. Je ne sais pas ce que vous en pensez. Je crois que le comportement de ces sénateurs témoigne de leur arrogance extrême et de leur manque extrême de confiance en eux. Partout dans le monde, les gens connaissent très bien la véritable intention des États-Unis de faire tout leur possible en utilisant la machine étatique pour réprimer et bloquer les entreprises chinoises de haute technologie. Même certains Américains clairvoyants ont compris le fond et les conséquences éventuelles du comportement de la partie américaine. Ce que font les États-Unis n'est pas une action normale qu'un pays normal devrait faire, encore moins un comportement approprié pour la première puissance mondiale. Les États-Unis ont créé suffisamment de fausses accusations dans le monde entier, et certaines personnes aux États-Unis doivent se reconstruire et savoir lâcher prise quand il le faut.

Je tiens à souligner une fois encore que la partie chinoise s'oppose fermement à l'abus de soi-disant mesures de contrôle des exportations, et à l'ingérence américaine dans le développement normal du commerce international et de la coopération entre les entreprises. Nous exhortons les membres concernés du Congrès américain à mettre fin à leur répression injustifiable des entreprises chinoises, à cesser de faire adopter le projet de loi en question et à faire davantage pour promouvoir la confiance mutuelle et la coopération entre les deux pays.

Q : Selon des informations, le Ministère américain de la Justice a ouvert une enquête criminelle sur Huawei pour soupçon du vol de secrets commerciaux. Pensez-vous que ces accusations sont justifiées et avez-vous des commentaires sur les accusations américaines de vol de secrets commerciaux par l'entreprise chinoise ?

R : Faites-vous référence à l'affaire ayant eu lieu en 2014 entre T-Mobile et Huawei ? (Le journaliste répond par un signe de tête affirmatif.) Autant que nous sachions, il s'agissait d'un litige civil entre deux entreprises que les parties intéressées ont résolu adéquatement par voie de justice. Nous sommes préoccupés par les informations selon lesquelles le procureur fédéral américain aurait ouvert une enquête criminelle sur cette affaire, ce qui est plutôt anormal. Nous mettons particulièrement en doute la véritable intention dissimulée derrière cela. Si les États-Unis donnent une ampleur démesurée à une affaire civile ordinaire ou la politisent pour un oui ou pour un non, et font recours arbitrairement à l'appareil d'État pour réprimer les entreprises chinoises, cela est totalement contraire aux règles de la concurrence libre et équitable, et à l'esprit du droit.

Je voudrais réitérer que le gouvernement chinois encourage toujours les entreprises chinoises à développer la coopération économique internationale conformément à la loi du marché et aux règles internationales, et en respectant strictement les lois locales. Nous espérons que les États-Unis pourront créer des conditions équitables pour les entreprises chinoises qui exercent des activités normales aux États-Unis.

Q : Hier, un haut responsable de l'administration américaine a déclaré que, compte tenu de l'arsenal nucléaire d'une certaine taille détenu par la Chine et la Russie, les États-Unis continueraient de compter sur leur capacité de dissuasion nucléaire pour se prémunir contre les attaques nucléaires potentielles de la part de la Russie et de la Chine. Avez-vous des commentaires à ce sujet ?

R : Ce genre d'informations est très fréquent ces derniers temps. D'une part, les États-Unis demandent aux autres pays de réduire leur développement d'armes ; d'autre part, ils amplifient sans cesse leur arsenal d'armes d'une puissance destructrice massive. En fait, cela reflète la pratique des « deux poids deux mesures » par les États-Unis. Nous espérons que les États-Unis, en tant que superpuissance militaire et un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, pourront travailler de concert avec d'autres membres permanents du Conseil de Sécurité pour contribuer activement à la paix et à la stabilité mondiales.

Q : L'Assemblée nationale du Venezuela a récemment adopté une résolution déclarant la formation d'un « gouvernement de transition » et l'organisation d'élections transparentes et libres conformément à l'article 233 de la Constitution vénézuélienne. Elle a également appelé la Chine et d'autres pays à geler les comptes et les biens du gouvernement vénézuélien. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Le Président Nicolas Maduro a entamé son nouveau mandat présidentiel le 10 janvier. De nombreux pays et organisations internationales, dont la Chine, ont envoyé des représentants pour assister à la cérémonie d'investiture. Le Président Maduro a annoncé une série de mesures pour la gouvernance de l'État, y compris la relance économique, ce qui contribuera à améliorer les conditions de vie de la population et correspond aux intérêts de toutes les parties.

La Chine défend depuis toujours le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays et soutient le peuple vénézuélien dans ses efforts visant à chercher de manière indépendante une voie s'adaptant aux conditions nationales du pays. Quant à savoir qui devrait diriger ce processus, toutes les parties doivent respecter le choix déjà fait par le peuple vénézuélien. La Chine est prête à travailler avec les différentes parties pour créer des conditions favorables permettant au peuple vénézuélien de gérer ses affaires intérieures de manière pacifique et indépendante à travers le dialogue politique.

Q : Selon des reportages, lors de la conférence de presse annuelle du 16 janvier, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré, à propos des relations sino-russes, que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a créé un nouveau record en 2018, et que la Chine et la Russie se soutiennent mutuellement dans les affaires internationales et dans le cadre multilatéral. La Chine et la Russie sont des amis parce qu'elles sont des voisines l'une pour l'autre et partagent de larges intérêts communs. Il a fait savoir que certains exigent la signature d'un traité de paix avec la Russie pour contenir la Chine, ce qui suscite un profond regret. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Nous apprécions hautement les commentaires positifs du Ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, sur les relations sino-russes. Comme il l'a dit lors de la conférence de presse annuelle d'hier, les relations entre la Chine et la Russie ont connu, sous l'orientation stratégique du Président Xi Jinping et du Président Vladimir Poutine, un développement sans précédent avec des résultats fructueux en 2018.

Cette année marque le 70e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la Russie. L'histoire du développement des relations sino-russes pendant ces 70 dernières années a pleinement montré que le développement soutenu et régulier des relations sino-russes, en particulier le développement continu de haut niveau de ces dernières années, répond aux aspirations communes des deux pays et aux intérêts des deux peuples et constitue également un facteur essentiel de stabilisation stratégique pour le maintien de la paix dans le monde. Les relations sino-russes ne seront ni affectées par les aléas de la situation internationale, ni modifiées par un incident particulier, encore moins affaiblies par la discorde suscitée par quelque force que ce soit. Dans le contexte international actuel, le nouveau type de relations sino-russes, caractérisées par la non-alliance, la non-confrontation et la non-hostilité vis-à-vis d'un pays tiers, a créé un modèle et un exemple pour la communauté internationale et les relations entre grands pays.

L'approfondissement de l'amitié sino-russe est sans limites, et la coopération sino-russe peut être étendue dans tous les domaines. La Chine souhaite travailler de concert avec la Russie, en profitant de l'occasion offerte par la célébration du 70e anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques, pour contribuer au développement partagé et au redressement des deux pays, avec des résultats de coopération plus substantiels. Nous continuerons à maintenir une communication et une coordination stratégiques étroites, à préserver fermement le multilatéralisme et à apporter une plus grande énergie positive à la promotion de la paix et de la stabilité mondiales.

Q : Le Canada a accusé la Chine d'avoir arrêté Michael Kovrig pour ses activités menées lorsqu'il était diplomate en Chine, affirmant qu'il s'agissait d'une violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Est-ce que la Chine a porté atteinte à l'immunité diplomatique de Michael Kovrig ?

R : Cette affaire fait actuellement l'objet d'une enquête du département compétent, conformément à la loi. Je ne suis pas en mesure d'en révéler les détails.

Je tiens à souligner que ce que la Chine a fait est tout à fait conforme au droit international, notamment à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Nous avons réitéré à maintes reprises le fait que Michael Kovrig n'est pas diplomate actuellement. Il est venu en Chine muni d'un passeport ordinaire avec un visa d'affaires. Il a été soumis à des mesures contraignantes pour des activités portant atteinte à la sûreté nationale de la Chine par les organes de la sûreté nationale de Chine, conformément à la loi. Il ne bénéficie donc d'aucune immunité, conformément à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et à d'autres lois internationales.

Q : Plusieurs reportages indiquent que l'un des plus hauts responsables de la RPDC passe par Beijing pour se rendre à Washington. Pouvez-vous confirmer s'il y aura une rencontre entre la partie chinoise et lui ?

R : Je n'ai aucune information spécifique à cet égard.

Q : Des responsables canadiens ont dit que, selon leur compréhension de la loi, la Chine a deux choix en ce qui concerne le cas de Michael Kovrig : soit demander au Canada de lever son immunité diplomatique, soit l'expulser au Canada. Est-ce que la partie canadienne a bien compris cela ? Est-ce que la Chine a demandé au Canada de lever l'immunité diplomatique de Michael Kovrig ?

R : Ces derniers temps, la partie canadienne s'est trop exprimée sur des cas individuels, et je ne ferai aucun commentaire spécifique à ce sujet. Je viens de dire très clairement que cette affaire fait actuellement l'objet d'une enquête conformément à la loi par le département chinois compétent.

(Du même journaliste) : Le Ministre canadien des Affaires étrangères a déclaré que les mesures prises par la Chine à l'intention de citoyens canadiens suite à l'arrestation de Meng Wanzhou ces dernières semaines constituent une menace pour tous les pays. Êtes-vous d'accord avec ces propos ?

R : Je pense que le chef de votre diplomatie est si inquiet qu'il a tenu des propos déplacés. Quelle menace la Chine représente-t-elle au Canada ? La partie canadienne détient de manière injustifiée une citoyenne chinoise en transit au Canada, qui n'a violé aucune loi canadienne, comme l'a admis la partie canadienne elle-même. C'est la partie canadienne qui constitue une grave menace pour les citoyens chinois, vous le comprenez ? C'est le Canada, et non la Chine, qui constitue une menace. La partie canadienne peut s'inquiéter, mais elle ferait mieux de s'abstenir de dire de telles absurdités, car cela portera gravement atteinte à la crédibilité et à l'image du Canada et ne favorisera pas le règlement de la question.

J'aimerais ajouter un mot : vous pouvez vous adresser aux Canadiens pour connaître leur opinion. J'ai remarqué que beaucoup d'entre eux ont exprimé leurs points de vue en ligne ces derniers jours. En condamnant un trafiquant de drogue de nationalité canadienne à la peine de mort conformément à la loi, la Chine aide en fait les Canadiens et les populations des autres pays menacés par la drogue : la Chine les aide à se débarrasser d'un mal. Comment est-ce que cela constituerait une menace, après tout ? Le dirigeant canadien croit-il que ce n'est pas dangereux de laisser un trafiquant de drogue faire ce qu'il veut dans son pays ? Est-ce cela, la sécurité ? Nous devons avoir un jugement fondamental sur ce qui est juste et ce qui ne l'est pas.

(Question posée après la conférence de presse) : Le 15 janvier dans l'après-midi, heure locale, l'hôtel Dusit D2, situé au centre-ville de Nairobi, la capitale kényane, a été la cible d'un attentat terroriste qui a coûté la vie à 21 personnes et a fait plusieurs blessés. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : La Chine s'oppose fermement au terrorisme sous toutes ses formes et condamne fermement l'attaque terroriste à Nairobi, au Kenya. Nous exprimons nos profondes condoléances aux victimes innocentes et notre compassion sincère aux familles des victimes et aux blessés. En tant que bon ami du Kenya, la Chine continuera de soutenir sans réserve les efforts du Kenya pour maintenir la sécurité nationale et la stabilité régionale.

Pour des raisons d'ordre du jour, la conférence de presse du Ministère des Affaires étrangères sera suspendue vendredi 18 janvier.

Ce jour-là, le bureau du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères acceptera les questions par fax et par courrier électronique, comme d'habitude.